Bye … bye … Martini …

 

… ambiance sonore facultative …

 

 Saint-Blaise dit adieu aux usines Martini

 

 

RAYNALD FRIEDLI Devant les dernières lettres visibles de l’usine Martini à Saint-Blaise. (RICHARD LEUENBERGER)

Les anciens locaux des usines automobiles Martini, à Saint-Blaise, seront démolis dès la semaine prochaine. Dernier tour de piste avec un connaisseur de ce pan d’histoire industrielle.

A travers les paroles de Raynald Friedli, les usines Martini de Saint-Blaise semblent reprendre vie. Passionné d’automobiles de collection, la Martini en particulier, depuis l’âge de dix-sept ans, le quinquagénaire fait le tour des anciens locaux «de la dernière usine automobile de Suisse encore entière». Mais plus pour longtemps. Dès lundi, les travaux de démolition débuteront, à la demande de Prodega, propriétaire actuel des lieux.

«On a acheté ces terrains il y a deux, trois ans dans l’idée de s’agrandir», justifie Pierre-Yves Aeschlimann, directeur du distributeur alimentaire installé à Saint-Blaise. Mais il est bien conscient de la valeur «sentimentale» de ces locaux pour les habitants de la région. Prodega proposera donc un «apéritif de démolition», mardi 19 mai, pour dire adieu aux bâtiments de l’usine. «On fera venir une Martini de 1903 qui posera devant les dernières lettres de la marque encore visibles sur un mur. En tant que propriétaire actuel, je trouvais normal que l’on organise cet événement.»

Malgré la tristesse de voir disparaître ce pan de l’histoire de Saint-Blaise, Raynald Friedli préfère que «l’ancienne usine soit détruite plutôt qu’à l’agonie, livrée aux tags comme Suchard. C’est une perte, mais l’usine est tellement dense, il y aurait tellement de frais, que je comprends Prodega».

Car le site a de l’ampleur: entre 18 et 20 000 mètres carrés. Un magasin d’expédition, où l’on trouve encore deux fenêtres d’origine. Un magasin des pièces détachées ou encore un atelier de mécanique. Même un bâtiment pour les écuries. «Au début, ils faisaient leurs courses dans la région à cheval. Il ne faut pas oublier que les voitures étaient extrêmement chères à cette époque», raconte Raynald Friedli. Dans quelque trois mois, il n’en restera rien, pas même la cheminée de la chaufferie. C’est en 1903 que le Thurgovien Friederich von Martini construit ses usines à Saint-Blaise. Au préalable (1902), il bâtit aussi la cité Martini, à Marin, pour les ouvriers de l’usine. Selon Raynald Friedli, le village neuchâtelois a été choisi «pour des raisons de langue et de culture car la plupart des ingénieurs étaient français. Cela permettait en même temps de rester proche de la Suisse alémanique». Jusque dans les années 1920, les usines Martini emploient quelque 450 ouvriers. «C’était la plus grande usine de Suisse.»

Mais les Martini sont avant tout des voitures de prestige: elles ne résistent pas à la démocratisation de l’automobile. L’usine ferme ses portes en 1934. Actuellement, il resterait vingt-cinq Martini dans le monde, dont six dans le canton de Neuchâtel. Raynald Friedli en possède quatre: «J’ai pris le virus en 1964, lorsque je suis monté dans la Martini d’un voisin.»

«On n’aura jamais une usine aussi grande et prestigieuse ici. Martini collera à la peau de Saint-Blaise ad aeternam», prédit Raynald Friedli. Il verrait bien la rue de la Musinière devenir «l’avenue des usines Martini». En attendant, le directeur de Prodega a déjà prévu de faire un geste: «La cafétéria du nouveau bâtiment de Prodega s’appellera Martini», glisse-t-il. Le directeur prévoit même de se rendre à l’inauguration, en septembre 2010, dans une Martini des années 1930. /ANC

Dernier hommage mardi 19 mai 2010 à 17h, rue de la Musinière17 à Saint-Blaise

ANA CARDOSO

«Importance historique»

Pour Jacques Bujard, responsable de l’Office des monuments et des sites, les anciens locaux de la fabrique d’automobiles Martini revêtent avant tout un intérêt historique.  

L’Office des monuments et sites était-il au courant de cette démolition?

Non, car ce genre de projet ne passe pas chez nous. Nous préavisons les permis de construction lorsqu’il s’agit de zones d’anciennes localités, des sites historiques ou des bâtiments protégés.  

Ces bâtiments ont-ils tout de même une importance pour le patrimoine industriel du canton?

Ils ont surtout une importance historique pour la région. Mais je ne les connais pas assez pour juger de leur valeur patrimoniale.  

Une restauration aurait-elle été préférable?

Encore une fois, je ne connais pas les locaux dans le détail. Mais ils ont subi des transformations à plusieurs reprises. Contrairement, par exemple, à la cité Martini, qui présente une architecture uniforme et constitue un patrimoine architectural classé. /anc

Les dates marquantes

1897 Friederich von Martini se lance dans l’industrie automobile, à Frauenfeld.

1903 Construction de l’usine à Saint-Blaise.

1907 à 1914 Années de gloire de l’usine, environ 450 ouvriers.

1934 Fermeture de l’usine: crise des années 1930, puis concurrence européenne avec la démocratisation de la voiture.

Depuis 1934 Divers propriétaires dont FAEL SA, et Prodega, actuel propriétaire. /anc

Dernier hommage hier aux usines d’automobiles Martini, à Saint-Blaise, avant leur démolition qui a débuté cette semaine. Pour l’occasion, on a fait venir un invité de prestige: une Martini de 1903. Etaient également présents Pierre Contesse, président de la commune de Saint-Blaise, ainsi que Raynald Friedli, un passionné de l’histoire des Martini. L’événement était organisé par Prodega, actuel propriétaire des lieux. /anc

… adieu …

 

 

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5 Réponses

  1. GERBEX

    Pour le soutien des maisons que j ai réunies

    10 juillet 2013 à 23 h 03 min

  2. GERBEX

    J ai repris un din de l usine afin de conserver les maisons de la cité que j ai pris soin de restaurer
    Bonne semaine

    10 juillet 2013 à 23 h 01 min

  3. Schärli

    Que des souvenirs. Mes grand-parents habitait la cité Martini et j’ai souvent passé mes vacances scolaires chez mes grand-parents. Enfants, nous étions pas au courant de l’histoire de l’usine automobile Martini. C’est la rencontre avec Raynald Friedli qui m’a informé sur l’histoire Martini, moi-même j’avais le souvenir de l’usine Fael qui fabriquait des boilers? Quand je passe à Marin, je vois cette cité Martini, enfermée par des nouvelles constructions, mais je l’avais connue seul dans la campagne, je parle des années 40 à 60.

    30 mai 2013 à 9 h 20 min

  4. rolland hureau

    Très beau document qui laisse une petite trace pour les générations a venir . Personnellement, j’ignorais cette marque !

    6 janvier 2012 à 17 h 43 min

    • Talbot K74

      Merci Rolland pour l’empreinte sympathique laissée.
      L’époque du respect et de la sauvegarde de divers bâtiments ou d’autres choses, est désormais révolue,certains nouveaux propriétaires ou promoteurs n’ont aucun ressenti à l’encontre des vieilles pierres, quand bien même si en leur sein est confinée une belle histoire.
      Par conséquent, il est a déplorer hélas, que les vestiges qui ont vu naître et trépasser cette marque prestigieuse en nos terres, aient été voués à la déconstruction.
      C’est une partie de notre patrimoine historique qui s’en va, s’en suit itou un gros pincement au coeur. Rançon de la mutation des mentalités, du modernisme dans toute sa splendeur et surtout de son incommensurable décadence …!!!
      Cordialement vôtre

      19 mars 2012 à 20 h 50 min

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